Un raciste anti-blanc et pro-Daesh harcelait les lycéennes à Amiens

Vendredi 17 février, Nabil Mhiri, 39 ans, a répondu de huit délits commis en 2016 et début 2017 à Amiens, que l’on peut diviser en trois selon ses obsessions: les jeunes filles, sa haine des «mécréants» et sa détestation du personnel du réseau de transport Amétis.

 

Tout part des lycéennes et étudiantes. Le 31 janvier, l’une d’elles porte plainte pour ce qu’elle décrit comme un «cauchemar»: «Un Maghrébin de forte corpulence, barbu, m’attend tous les jours à la gare. Il me suit jusqu’au lycée. Il me retrouve le soir. Il me prend en photo. Hier, il a collé son visage à la vitre du train. J’ai peur».

 

Une autre usagère de la SNCF porte plainte à son tour. Elle décrit les mêmes faits de harcèlement et ajoute que Mhiri lui a enjoint de «ne pas montrer ses jambes».

 

Les policiers collationnent alors une dizaine de mains courantes qui décrivent du harcèlement, des réflexions, des agressions, dans Amiens, depuis 15 mois. Nabil Mhiri, vieux garçon de 39ans, reconnaît très partiellement: «Je voulais juste faire connaissance, leur parler, je m’y suis sans doute mal pris. Si je suis souvent à la gare le matin, c’est que j’y passe en sortant de la mosquée». Dans la foulée, la police est saisie de plaintes émanant de l’institut de formation IREAM, rue du Québec, toujours à Amiens. Mhiri y avait été admis en septembre 2016 pour des cours de boulangerie. «Dès le premier jour ça s’est mal passé, ils ont voulu me faire faire du pain au lard, mais moi, je ne touche pas au porc», justifie-t-il.

 

Ses professeurs et ses condisciples décrivent une attitude agressive (coups d’épaule uniquement à l’encontre des jeunes femmes non-musulmanes, menaces de «baffes», menaces de mort). Un professeur s’est retrouvé en arrêt maladie après que Mhiri eut brandi un couteau face à lui. On passe ensuite aux transports en commun.

 

Le contentieux de Mhiri avec la société Ametis est si lourd qu’il fut empêché de monter dans le bus par une décision de justice, avant qu’un autre juge ne lève l’interdiction dans le seul but de lui permettre de rencontrer son conseiller d’insertion (son casier compte huit mentions). Cette fois, il a menacé de mort un chauffeur, en avril 2016.

 

Reste l’accusation d‘apologie du terrorisme. À l’IREAM, un témoin a entendu Mhiri proférer: «Mécréants», «Sales cons de blancs, y’a trop de blancs en France», «Y’a pas assez d’attentats», «Un bon homme est un soldat de Daesh». Finalement, suivant la plaidoirie de Me Berriah qui estime que l’«on a chargé la barque», le prévenu est relaxé de ce dernier délit mais condamné pour les autres, certes à huit mois ferme, mais sans mandat de dépôt. Il peut donc rentrer chez lui le soir même. En bus?

 

Courrier-Picard

 

 

 

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